Né à Vierzon en 1856, cet ancien employé des postes écrivit de nombreux vers et des chansons d’une fantaisie extraordinaire. Il se fit entendre avec succès au « Chat Noir », haut lieu de la vie parisienne de l’époque, où se
produisait également Aristide Bruant. Il décéda à Paris en 1889, laissant derrière lui plusieurs œuvres marquantes très populaires, dont « Le grand métingue du métropolitain ».
Recueils
L’expulsion des princes.
Un bal à l’Hôtel de Ville.
Le bienheureux labre.
La ballade des accents circonflexes.
La chanson des capucins.
Les sous-préfets supprimés.
Compositons
Poèmes mobiles, monologues (1885)
Poèmes incongrus (1887)
Chansons du chat noir (1890)
Opéra Comique
Malvina 1ère, sur une musique de Hirleman. Représentée en 1890.
C’était hier, samedi, jour de paye, Et le soleil se levait sur nos fronts. J’avais déjà vidé plus d’un’ bouteille, Si bien qu’ j’m’avais jamais trouvé si rond. V’là la bourgeois’ qui rappliqu’ devant l’ zingue : "Feignant, qu’ell’ dit t’as donc lâché l’ turbin ? "Oui, que j’ réponds, car je vais au métingue, Au grand métingu’ du métropolitain !
Les citoyens, dans un élan sublime, Étaient venus guidés par la raison. A la porte, on donnait vingt-cinq centimes Pour soutenir les grèves de Vierzon. Bref, à part quat’ municipaux qui chlingue Et trois sergots déguisés en pékins, J’ai jamais vu de plus chouette métingue, Que le métingu’ du métropolitain !
Y avait Basly, le mineur indomptable, Camélinat, l’orgueil du pays... Ils sont grimpés tous deux sur une table, Pour mettre la question sur le tapis. Mais, tout à coup, on entend du bastringue ; C’est un mouchard qui veut fair’ le malin ! Il est venu pour troubler le métingue, Le grand métingu’ du métropolitain !
Moi j’ tomb’ dessus, et pendant qu’il proteste, D’un grand coup d’ poing, j’y renfonc’ son chapeau. Il déguerpit sans demander son reste, En faisant signe aux quat’ municipaux. A la faveur de c’que j’ étais brind’zingue On m’a conduit jusqu’au poste voisin... Et c’est comm’ça qu’a fini le métingue, Le grand métingue du métropolitain !
MORALE
Peuple français, la Bastille est détruite,
Et y a z’encor des cachots pour tes fils !...
Souviens-toi des géants de quarante-huite
Qu’étaient plus grands qu’ ceuss’ d’au jour d’aujourd’hui.
Car c’est toujours l’pauvre ouvrier qui trinque,
Mêm’ qu’on le fourre au violon pour un rien...
C’était tout d’ même un bien chouette métingue,
Que le métingu’ du métropolitain !