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Edouard Vaillant

Une enfance sans histoire

Marie-Edouard VAILLANT est né le 29.01.1840 à VIERZON. Fils de Michel VAILLANT, notaire et homme d’affaires berrichon, de la région de MONTLUCON et d’une famille d’industriels aisés par sa mère, il passe tranquillement son enfance à PARIS où ses parents s’installent en 1842. Très tôt porté vers les études pratiques, le jeune Édouard VAILLANT prépare au Collège Sainte Barbe, son entrée à l’École Centrale d’où il sort ingénieur des Arts et Manufactures en 1862. En 1865, il est reçu docteur ès sciences à la Sorbonne. Attiré par le goût du voyage, il décide de passer en Allemagne, afin de poursuivre une formation médicale. S’inscrivant tour à tour aux universités d’INEA, d’HEIDELBERG, de VIENNE et de TUBINGEN, il est tout juste en passe de présenter son doctorat de médecine quand éclate la guerre franco-prussienne. Il abandonne ses études pour rentrer aussitôt à PARIS.

Jusqu’en 1870, son engagement politique paraît avoir été assez discret. Signataire de plusieurs manifestes estudiantins et républicains, il fréquente surtout les cercles proudhoniens et se lie d’amitié avec Pierre-Joseph lui-même. En 1867, il adhère à la section genevoise de l’Association Internationale des Travailleurs. VAILLANT se serait mis en contact avec Karl MARX vers 1869. Il fréquente également lors de ses séjours à PARIS des adversaires de l’Empire aussi irréductibles que Félix PYAT, vierzonnais lui aussi, Paul LONGUET et Jules VALLES. Son premier ouvrage politique, petit opuscule de 30 pages rédigé en 1867 pour crier son opposition à l’intervention napoléonienne en ITALIE, est une dénonciation virulente de la politique sociale de l’Empire et un vigoureux plaidoyer républicain qui se situe ouvertement sous le signe de PROUDHON. retour

La tête pensante de la Commune
Il prend part à l’insurrection du 04 septembre 1870 contre l’Empire. Il est dans l’artillerie. Pendant le siège de PARIS, VAILLANT se lance corps et âme dans les rangs des divers mouvements "révolutionnaires", sans pour autant vouloir s’identifier totalement avec l’un de ceux-ci. C’est sans doute pendant l’hiver 1870-1871 qu’il entre en contact avec BLANQUI et les blanquistes. Déjà, pendant le siège, par sa participation à la rédaction de presque tous les principaux manifestes révolutionnaires ou socialistes, il se fait remarquer comme une des têtes pensantes du mouvement communard naissant.

Élu membre de la Commune pour le 20e arrondissement, VAILLANT jouera, pendant la révolution parisienne, un rôle de premier plan, notamment en tant que délégué (Ministre) à l’instruction publique. Il décide de la gratuité et de la laïcité des écoles de PARIS. Ses bureaux se situent, rue de Grenelle, au ministère actuel de l’Éducation Nationale. Le 25 mai 1871, il tente d’obtenir un armistice du gouvernement de VERSAILLES, mais il est bloqué à la barrière de VINCENNES. Vers le 28 mai 1871, lorsque les derniers coups de fusil versaillais hurlent au Père Lachaise, VAILLANT réussit à fuir la capitale pour se diriger, à pied, vers l’Espagne et le Portugal, d’où il embarque pour LONDRES. Sa participation à la cause communarde lui vaudra, le 17 juillet 1872, d’être condamné à mort par contumace par un Conseil de guerre versaillais. retour

La vie d’un exilé à Londres
Il arrive dans la capitale britannique vers la mi-août 1871 et se trouve immédiatement élu (sur proposition de MARX et ENGELS eux-mêmes) membre du Conseil Général de la Première Internationale. Très proche de MARX sur le plan intellectuel et idéologique, il s’en éloigne pourtant en 1872 à cause d’un différend tactique concernant la meilleure façon de continuer, dans l’immédiat, l’œuvre de la Commune. C’est à partir de ce moment qu’il se rapproche des milieux blanquistes dont les militants en exil partagent totalement sa préoccupation avec les choses françaises et sa volonté de poursuivre, sans plus attendre, le combat républicain et révolutionnaire.

C’est VAILLANT qui rédige les trois "manifestes blanquistes" des années 1870 (Internationale et Révolution 1872 ; Aux Communeux 1874 ; les Syndicaux et leur Congrès 1876). Ces manifestes introduisent dans le discours socialiste français, pour la première fois, une importante dose de théorie marxiste. Entre-temps, VAILLANT poursuit à l’université de LONDRES ses études médicales et devient non seulement docteur en médecine mais aussi membre du très célèbre Royal College of Surgeons. retour

Le combattant politique
Amnistié en Juillet 1880, VAILLANT rentre immédiatement à PARIS où il ne reste pourtant que quelques jours avant de s’installer de nouveau dans sa ville natale de VIERZON. Le 27 Juillet 1880, il annonce à ses amis vierzonnais son retour en France et son installation dans le CHER. Sur place, des militants ont prévu de faire de l’arrivée de VAILLANT le prétexte à une manifestation. "Au jour dit, début Août, les sympathisants se pressent autour de la gare de VIERZON. C’est un homme encore jeune et mince, à la chevelure abondante que découvrent et acclament les manifestants. La foule fête le symbole aux cris de "vive la République ! vive la Commune !" (rapport du commissaire de Police de VIERZON). Là, il s’occupe de l’organisation du parti socialiste dans le Centre de la France. Sitôt installé, l’ancien communard montre une remarquable vitalité. Patiemment, il collecte des noms, se réservant la possibilité d’effectuer, plus tard, un tri et de demander des informations complémentaires, sur le comportement des personnes qu’on lui signale. Ce travail d’organisation va de pair avec la tenue de réunions publiques. Intervenant avec ses amis dans les meetings, il fait voler en éclats le parti républicain vierzonnais, entre opportunistes de Charles HURVOY, Maire de VIERZON-VILLE et socialistes de VAILLANT. Aux élections municipales de 1881, les opportunistes et les radicaux dirigés par Charles HURVOY, battent les ’’vaillantistes".

Nourrissant toujours ses contacts d’exil avec les militants et chefs blanquistes (il commandite en grande partie le journal de BLANQUI, "Ni Dieu, Ni Maître"), il est, avec CLEMENCEAU, au chevet de BLANQUI quand le 1er Janvier 1881, celui-ci expire ; il adhère, en juin 1881, à l’organisation créée autour des disciplines de BLANQUI, le Comité Révolutionnaire Central, C.R.C..

Il entre en même temps en contact régulier avec Jules GUESDE et ses amis du Parti Ouvrier Français (P.O.F.), faisant de son mieux pour fuir la polémique au bénéfice de l’unité socialiste.

Ne craignant nullement la bataille électorale, il est candidat aux élections législatives d’Août 1881 à VIERZON, face aux opportunistes et aux radicaux. Les idées de VAILLANT progressent rapidement à VIERZON, à MEHUN parmi les porcelainiers et dans le canton de CHAROST. Au premier tour, VAILLANT obtient 25,13 % des voix (3e position) ; à VIERZON-Villages, il obtient 52,33 % des voix. Le soir des résultats, le 21 août 1881, sans attendre les résultats de la totalité de la circonscription, 250 vaillantistes devant l’Hôtel de Ville veulent proclamer la CoMmune. VAILLANT déclare : "Nous sommes les maîtres, ici, par la force du bulletin de vote, si on nous ferme les portes de la Mairie nous y rentrerons par les fenêtres et par la force des armes". Candidat aux élections cantonales de la GUERCHE, il réalise plus de 38 % des voix.

Les militants berrichons, partisans de VAILLANT, jouent leur rôle au sein du C.R.C., mais en gardant une certaine autonomie. Ils tissent une organisation impressionnante qui rassemble tous les anciens "rouges". En 1883, VAILLANT s’attaque violemment à : "la bande de tripoteurs qui pillent et volent et dont le siège de gouvernement est bien plus la Bourse que le Parlement". retour

Un élu défenseur du peuple
Élu simultanément en mai 1884, aux conseils municipaux de VIERZON et de PARIS, il opte pour le mandat bellevillois et revient s’installer dans la capitale.

Entre 1884 et 1893, date à laquelle il sera porté à la députation par ses électeurs du 20e arrondissement, il fait entendre à l’Hôtel de Ville le discours socialiste révolutionnaire. Ce ne sont pourtant pas des discours "dans l’air" car il arrive, en une dizaine d’années, à transformer radicalement les conditions de vie des citoyens du quartier le plus déshérité de PARIS, le quartier de BELLEVILLE. Il continue de travailler avec les blanquistes et guesdistes mais ne néglige nullement la coopération au jour le jour sur le plan municipal avec les "possibilités", membres de la Fédération des Travailleurs Socialistes de France (F.T.S.F.) animée par son conseiller municipal, Paul BROUSSE. Déjà, par son indépendance idéologique et politique et par sa vaste culture et son savoir, VAILLANT fait figure d’un des plus ardents artisans de l’unité socialiste.

Les événements de 1886 à VIERZON, permettent à VAILLANT de revenir dans sa ville natale. Pendant la grève de la Société Française de Matériel Agricole et Industriel, au moment le plus difficile, VAILLANT arrive à VIERZON, le 16 Août, accueilli en fin de soirée par 3000 vierzonnais, faisant son possible pour calmer les passions : "il faut éviter de tomber dans les piéges et les provocations".

Arrive l’aventure boulangiste. Ses amis blanquistes, par amitié pour Henri ROCHEFORT, se laissent entraîner dans le sillage du brave général. Ses amis possibles, par discipline républicaine, mettent en veilleuse la lutte des classes pour rejoindre leurs adversaires de la veille, opportunistes et radicaux dans la très modérée mais ultra-républicaine Société des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ses amis guesdistes n’étant plus sur la brèche, c’est VAILLANT qui défend, presque seul, pendant l’hiver 1888 - 1889, le drapeau du socialisme révolutionnaire. La formation blanquiste, le C.R.C. ne résiste pas longtemps à cette rude épreuve : en Août 1889, les amis de BLANQUI, s’en vont créer une nouvelle formation , le Comité Central Socialiste Révolutionnaire (C.C.S.R.) qui ne tardera pas à suivre ROCHEFORT sur le chemin du nationalisme intégral.

C’est pour VAILLANT, la traversée du désert. Le mouvement socialiste, morcelé dès l’origine et cruellement divisé par l’affaire BOULANGER, est de nouveau affaibli par la scission qui, en 1890, fera éclater en deux morceaux la F.T.S.F. . Les amis de Jean ALLEMANE, les allemanistes rompent avec les broussistes au congrès de CHATELLERAULT et forment le Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire (P.O.S.R.). L’unité socialiste étant pour le moment moins réalisable que jamais. VAILLANT s’occupe, entre 1890 et 1893, de la reconstruction de sa propre formation qui, majoritaire lors de la scission des vrais blanquistes en 1889, avait gardé sa dénomination originale. En trois ans, il réussit à rétablir ou même à dépasser le chiffre d’adhérents du C.R.C. uni de 1889, nouant de précieux liens politiques et personnels parmi les militants et groupes provinciaux, surtout dans le Centre et le Midi. retour

Le parlementaire accompli
En octobre 1893, VAILLANT pénètre, en même temps qu’une cinquantaine d’autres députés socialistes (y compris JAURES, GUESDE, MILLERAND) dans l’enceinte parlementaire qu’il ne quittera qu’avec sa mort en 1915. Découvrant tout d’un coup la personne et la pensée de celui qui deviendra, après 1905, comme son alter ego, Jean JAURES, il fera, tout au long des années du, œuvre de parlementaire accompli.

Multipliant interpellations et propositions de loi, ses interventions à la Chambre se chiffrent par centaines et, jusqu’à sa mort, le "père VAILLANT" comme on commence à l’appeler affectueusement, restera un des députés socialistes qui prendra le plus au sérieux le travail parlementaire. Tous les élus socialistes de 1893, grisés par la victoire électorale, se laissent aller aux attractions séduisantes de l’activité "légaliste". Mais de tous, et notre témoin n’est nul autre que Jean JAURES lui-même, se sera VAILLANT qui se fera le moins d’illusions sur l’autosuffisance" du socialisme parlementaire. Et pourtant, le travail parlementaire d’Édouard VAILLANT vaut un ouvrage à lui tout seul.

Alors même qu’il découvre dans la pratique les forces et les faiblesses de l’action législative, VAILLANT ne néglige nullement le travail militant sur le terrain. Entre 1880 et 1915, il rédige des milliers d’articles de journaux et prononce des centaines de discours. Il sillonne la France dans tous les sens, tenant des réunions, organisant des groupes, défendant des grévistes, arbitrant les conflits et prodiguant conseils, secours moral et, au besoin, pécuniaire.

Toute initiative socialiste ou ouvrière, toute organisation ou tout organisme surgis spontanément pour faire face à une nécessité "ponctuelle" trouvent en VAILLANT un défenseur ardent. Ainsi en :1884, c’est VAILLANT qui devient, à l’Hôtel de Ville, le porte-parole officieux de la Commission des ouvriers sans travail. De même, en 1887, c’est lui qui anime, avec ses amis blanquistes, la ligue pour la Défense de la République qui cherche à contrecarrer les ambitions présidentielles de Jules FERRY. En 1891, ce sera VAILLANT lui-même qui lancera la Ligue d’Action Révolutionnaire pour la conquête de la République Sociale qui tentera de tirer profit, au bénéfice du parti socialiste, du désarroi provoqué chez les petits épargnants par le scandale de PANAMA. Ce furent en très grande partie les interventions de VAILLANT à l’Hôtel de Ville qui aboutirent à la création de la Bourse du Travail de PARIS. Son activité infatigable et totalement désintéressée en faveur de l’unité syndicaliste lui a valu la désignation de "grand-père de la C.G.T., dont ses amis et collaborateurs ont si puissamment contribué à la création. Ce fut également VAILLANT qui fut l’éminence grise derrière le lancement, en 1892, du Secrétariat National du Travail et de la Fédération des Conseillers Municipaux Socialistes. Quand, en 1893, il estima l’heure propice pour rouvrir le dossier constitutionnel, ce fut VAILLANT qui lança la Ligue pour la révision par le peuple.

"L’inflexible conscience du socialisme Français"
L’hétérogénéïté de cette infatigable activité vaillantiste, tant sur le plan national qu’international, faisait du C.R.C. un foyer d’attraction pour un nombre croissant de militants et même de dirigeants socialistes. En 1896, lors de l’expulsion du P.0.S.R. d’un nombre assez important d’élus et de dirigeants provinciaux, ce fut vers le C.R.C. que ces derniers se tournèrent pour trouver refuge. En créant l’Alliance Communiste Révolutionnaire (A.C.R.) en 1897 au sein de la formation vaillantiste, qui se transforma elle-même l’année suivante en Parti Socialiste Révolutionnaire (P.S.R.), ces dissidents allemanistes contribuèrent à faire du parti vaillantiste la deuxième formation socialiste de France.

Lors des "crises républicaines" provoquées en 1898 et 1899, par l’Affaire DREYFUS et l’entrée d’Alexandre MILLERAND dans le gouvernement "bourgeois" de René WALDECK-R0USSEAU, VAILLANT défendit sans jamais fléchir la "troisième voie" qu’il avait symbolisée presque tout seul dix ans auparavant lors de la crise boulangiste. Contre un JAURES prêt, après l’échec relatif du parti socialiste aux élections législatives de 1898, à se donner tout entier à la défense de la république radicale, et contre un GUESDE, aigri par son échec personnel aux mêmes élections, qui retrouvait soudain son ancienne intransigeance révolutionnaire et qui non content d’une simple dénonciation des illusions créées par l’action parlementaire, recommençait à mettre en question la valeur de la République elle-même, seul VAILLANT préconisait une défense socialiste des conquêtes républicaines, défendant contre vents et marées sa synthèse de toujours entre lutte des classes et action républicaine, entre l’objectif lointain et la politique au jour le jour, entre la fin et la méthode.

Jouant à plein son rôle tout naturel de trait d’union entre GUESDE et JAURES, VAILLANT s’efforça durant les années cruelles et cruciales de division socialiste (1899 - 1905), de tout faire pour favoriser l’entente et l’unification de toutes les fractions sans exception du socialisme français. Il créa, avec Jules GUESDE, en 1901, l’Unité Socialiste Révolutionnaire (U.S.R.) qui devient, en 1902, le Parti Socialiste de France (P.S.D.F.). Dès que JAURES sembla prêt à abandonner la tactique "ministérialiste" vers 1904, ce fut VAILLANT plus que quiconque qui entraîna le P.S.D.F. vers l’unité dans la S.F.I.O. Une fois cette unité accomplie, VAILLANT en devint "l’inflexible conscience". Pourtant dans le CHER, des rivalités resteront pendant plusieurs années entre les partisans de VAILLANT (LAUDIER), et les ministérialistes (Jules-Louis BRETON, E. PERAUDIN). L’unité ne se fera qu’en 1907. Porte-parole de la S.F.I.O. à la Chambre, il s’attaque particulièrement à la répression anti-ouvrière conduite par CLEMENCEAU et demande en 1907 que la FRANCE renonce à intervenir au MAROC. retour

La mission internationale
Les dix dernières années de la vie de VAILLANT l’ont amené, vu la situation mondiale, à porter l’essentiel de son activité sur le plan international. C’est en effet VAILLANT lui-même qui avait proposé, au Congrès de la Deuxième Internationale tenu à LONDRES en 1896, la mise en marche d’un organisme international de coordination socialiste. Chargé par le Congrès de la tâche d’organisation de ce comité international, VAILLANT devint donc l’inspirateur direct du Bureau Socialiste International (B.S.I.) qui vit le jour après le congrès international de PARIS de 1900. Du début jusqu’à la fin de l’existence du B.S.I., VAILLANT fut non seulement le principal délégué de la S.F.I.O. mais aussi celui de tous les délégués qui prenaient le plus au sérieux le travail du socialisme international. Ce fut essentiellement VAILLANT qui poussa, à travers réunions, conférences et congrès internationaux, les socialistes des 28 pays membres à s’organiser pour faire face à la Guerre.

Accaparé par ses responsabilités nationales, conscient de l’importance des affaires internationales, respectueux des structures de la nouvelle organisation, VAILLANT regarde moins souvent du côté du BERRY. A l’intérieur du parti, le poids du CHER s’amenuise malgré ses performances électorales. Le socialisme berrichon se banalise et se dilue.

Quand éclate la guerre en Août 1914, VAILLANT se range immédiatement du côté de la défense nationale et lutte jusqu’à sa mort en faveur des efforts de guerre franco-britannique. Sans désespérer du socialisme international, il estima pourtant que celui-ci ne reprendrait vie et forme qu’après la défaite de ce qu’il appelait le ’’militarisme impérialiste allemand". Cependant, VAILLANT, déjà frappé au cœur par l’assassinat de JAURES, ne survécut pas très longtemps à l’épreuve terrible de la guerre. Épuisé par un travail ininterrompu de 50 ans de militantisme, il s’éteint doucement dans la nuit du 18 Décembre 1915, à l’âge de 75 ans. PARIS lui fit des obsèques dignes d’un homme dont la vie tout entière avait été consacrée à la cause de la classe ouvrière. Sa dépouille mortelle fut ensuite transportée à VIERZON.

"La pensée d’Édouard VAILLANT représente l’adaptation la plus parfaite du socialisme scientifique à notre tempérament national".

JEAN JAURES

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