Aimé, Felix Pyat voit le jour à Vierzon, le 4 octobre 1810 ; il adopte rapidement son deuxième prénom qui est en fait celui de son père, un ancien vicaire qui a abandonné les ordres à la Révolution et devient par la suite avocat. Homme rigide et austère, il ne s’entend guère avec son fils plutôt proche de sa mère, lequel fils fera des études secondaires brillantes à Bourges.
En 1830, Félix Pyat, père, est légitimiste et refuse de prêter serment de fidélité au nouveau roi, Louis-Philippe. Il est alors révoqué de son poste de conseiller municipal. Pendant ce temps, son fils participe à cette méme révolution de 1830.
Après avoir fait son droit, ce dernier devient avocat, puis auteur dramatique et journaliste ; il se signale rapidement par ses idées avancés. Sa pièce la plus connue "Le chiffonnier de Paris" sera interprétée par le grand Frédérick Lemaître.
En 1848, sa carrière politique commence, il est nommé par le nouveau régime républicain Commissaire du gouvernement provisoire dans le Cher. Il est ensuite élu député à ia Constituante, puis à la Législative de 1849. A la fin de la même année, ie glissement à droite du régime le contraint à embrasser une nouvelle carrière, celle de proscrit, en Suisse tout d’abord, puis en Belgique et enfin en Angleterre où il milite dans les organisations révolutionnaires. Suite à sa participation à un complot visant à assassiner Napoléon III, Pyat est condamné par contumace à 10 ans de prison et 6000 F d’amende.
Il adhère ensuite à l’ lnternationale créé par Karl Marx qui ne l’appréciait pas et dira de j’ai toujours rendu vaines toutes ses tentatives pour faire servir l’Internationale à ses effets de théâtre.
De retour en France en 1868, après une amnistie prononcée par Napoléon III. Ses activités le font à nouveau exiler en 1869. Un an après il revient lors de la chute de l’Empire et la proclamation de la République.
"Lorsque prit fin I’Empire le casier judiciaire de Pyat particulièrement chargé, présentait comme un résumé chronologique de tous les événements qui avaient bouleversé la France depuis 1830 et Pyat comptait à son passif 21.200 F d’amende, une condamnation à la déportation, vingt neuf ans cinq mois de prison, cinq ans de surveillance et dix ans d’interdiction".
Quant à ses écrits politiques, ils occupent huit pages du catalogue général de la Bibliothèque Nationale, ce qui est considérable.
Il est élu représentant de la Seine à l’Assemblée Nationale le 8 février 1871. Le 26 mars, il devient membre de la Commune, est élu à la commission exécutive le 29 mars et à la commission des finances le 21 avril. Le 1er mai, enfin, il devient membre du Comité de Salut Public. La Commune nous le savons eut ses bons et mauvais côtés et si Pyat ne fut pas directement impliqué dans certains de ses excès, il reste néanmoins vrai que ses écrits incendiaires en inspirèrent peut-être leurs auteurs, et il porte sans doute à ce titre une part de responsabilité.
Lors de la répression versaillaise, Pyat arrive à passer entre les mailles du fiIet et se refugie en Angleterre (une fois de plus). Il est condamné par contumace le 28 mars 1873 à la peine de mort par le conseil de guerre.
Dix ans plus tard, il réapparaît lors de l’amnistie générale et se montre encore très actif. Vers l 885, il se lie avec les blanquistes de Vierzon de la génération d’Edouard Vaillant et collabore aux feuilles du blanquisme vierzonnais.
En 1888, enfin, il est élu Député des Bouches du Rhône. Il ne finira pas son mandat, car il meurt le 4 avril 1889.
Il repose à Paris, au cimetière du Père Lachaise.
Si Félix Pyat n’avait pas l’envergure d’un Edouard Vaillant (qui marqua plus sûrement et plus durablement l’histoire du mouvement ouvrier) la force de ses convictions ainsi que sa vie romantique et passionnée, en font un personnage mythique et indéniablement un vierzonnais pas comme les autres.